Philippe Glangeaud, un géologue moderne

Date de l'événement : 
Mardi 11 septembre 2012 - 08:00
Jusqu'au : 
Dimanche 30 septembre 2012 - 18:00
Lieu : 
Bibliothèque Sciences et Techniques
Type : 
Auteur : 
BCU, Laboratoire Magmas et Volcans et le Muséum Henri Lecoq

Dans le prolongement du site Internet «Les carnets géologiques de Philippe Glangeaud», la Bibliothèque de Sciences et Techniques, le Laboratoire Magmas et Volcans et le Muséum Henri Lecoq organisent une exposition sur Philippe Glangeaud.
Cette exposition est organisée autour de 5 thématiques : les carnets de terrain, le matériel à emmener sur le terrain, les éléments récoltés sur le terrain, l’enseignement de Philippe Glangeaud, du terrain à la publication.

 

Feuilleter les carnets géologiques de Philippe Glangeaud

 

Philippe Glangeaud

Philippe GlangeaudPhilippe Glangeaud, originaire de St Dizier, Canton de Bourganeuf (Creuse), fait de brillantes études secondaires au Lycée de Guéret. Son cursus universitaire est remarquable, il obtient 2 licences de Sciences Physiques (1886), et naturelles (1888). Il débute en exerçant les fonctions de maitre auxiliaire au Lycée de Clermont-Ferrand (1885-1887) et de préparateur de géologie et de minéralogie à l’Université de Clermont-Ferrand. A Paris, au Muséum d’Histoire Naturelles, il prépare l’agrégation nécessaire à l’enseignement supérieur auprès de plus grands maîtres de la géologie moderne : Fouqué, Gaudry, Lacroix et devient en 1895 Docteur ès sciences naturelles. Le sujet de sa thèse () lui permet d’obtenir le prix Viquenel à la Société Géologie de France en 1896. Entre temps, en 1893, il est préparateur à l’Ecole des hautes études au Collège de France où il remporte le Prix Saintour. Son curriculum universitaire s’appuie sur de nombreuse recherche et de publications incessantes.

A Clermont, il débute comme Maître de Conférence de Minéralogie à la Faculté des Sciences(1899), puis, comme Professeur de géologie et de minéralogie en 1906. Sa carrière professionnelle et personnelle se fait désormais en Auvergne. Il épouse le 15 mai 1902, Hélène-Jeanne-Marie-Gabirelle Fontbertasse dont il a 3 fils (Pierre, Louis et René) dont l’un, Louis devient un éminent géologue, spécialisé sur la géologie Algérienne.

Passionné de Géologie, il rend ses enseignements attrayants et donne goût à la géologie : Les soirs d’été, quand le soleil descend sur l’horizon et rend incandescentes les scories des cratères, il semble qu’un nouvel embrasement va commencer et vont allumer et rougeoyer les cents bouches éruptives de cette chaine dirigée vers le ciel ; - La chaîne des Puys 1913.
Il commence toujours ses cours à la Faculté par un discours inaugural où il fait la synthèse des connaissances scientifiques du Massif Central. Homme de terrain, il dirige des excursions, organisées avec méthode et minutie, exposées dans un programme clair et précis.

Les excursions sont animées par l’enthousiasme contagieux de ses travaux. Il répand la renommée de l’Auvergne au-delà de nos frontières. Actif et dévoué, il est sollicité par de nombreuses et diverses Commissions pour participer à l’évolution de la société toute entière (amélioration agricoles du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire en 1901, Comité à l’hygiène départementale du Puy-de-Dôme en 1919, Commission du pétrole en 1923…).

Sa longue carrière scientifique se traduit par d’importants articles scientifiques, pas moins de 300, à travers des revues françaises et étrangères, dans des domaines variés tels que : la géologie, la géographie physique, la paléontologie (dont deux études sur les reptiles fossiles primaires et secondaires). Il effectue, avec passion, pendant près de 30 ans des recherches scientifiques en géologie et en géologie appliquée. Sa façon de travailler ne se réduit pas seulement à des observations sur ce qu’il voit mais de connaître la genèse des faits et des phénomènes étudiés. Il est difficile de décrire l’horizon scientifique de Philippe Glangeaud dû à la multiplicité de ses sujets de recherche. En étudiant le Bassin Aquitain et le Massif Central, il étudie la séismicité, l’Hydrologie thermale, la Paléontologie, la géologie appliquée (houille noire et blanche). Cependant, ce sont les pays d’Auvergne qu’il affectionne plus particulièrement, il renouvelle toute la géologie de l’Auvergne qu’avaient fondée Guettard et Henri Lecoq. Il a une connaissance approfondie des volcans éteints d’Auvergne dont il établit l’histoire en les décrivant et en étudiant toutes les questions du volcanisme en général. Ses travaux vont lui permettre de devenir chargé de mission par l’Ecole des hautes études en Angleterre, Allemagne, Suisse et Italie où il soutient ses idées neuves et transcendantes. En 1902, l’Association de Géologie de Londres décide de tenir son congrès en Auvergne.

Il va naturellement être auteur et collaborateur de relevés de cartes géologiques 1/80 000 du Massif Central et des ses marges (Clermont-Ferrand, Brioude, Montbrison, Tulle…) et obtient à ce titre le prix Maunoir en 1912.

Il se passionne aussi à la géologie appliquée et rédige un certain nombre de rapports techniques tel que la liquéfaction de l’acide carbonique volcanique en Limagne. Ce rapport va permettre de développer une nouvelle industrie française. Il va aussi assister aux recherches pétrolières de l’Auvergne avec notamment les sondages du Crouelle en 1924. Chargé par le Ministère des Travaux Publics de 1917 à 1923, il réalise à plusieurs reprises une dizaine de projets hydroélectriques comme par exemple sur l’Allier, la Loire, la Dordogne…

Philippe Glangeaud est reconnu par ses nombreuses études hydrologiques (900 études !) destinées à des projets d’eau potable de 8 départements dont le Puy-de-Dôme (Clermont-Ferrand, Riom, Issoire…). Il va contribuer au développement de l’hygiène sociale du XIXè siècle. Ses études hydrologiques ne s’appliquent pas uniquement à l’adduction de l’eau mais aussi autour des sources minérales (Royat, Chatel-Guyon…).

Glangeaud va laisser à l’Auvergne un patrimoine scientifique très diversifié : sur la géologie moderne par l’étude du volcanisme (pour les scientifiques), la géologie appliquée (pour l’industrie) et de l’hydrologie (services publics). L’activité scientifique de Philippe Glangeaud ne s’est pas ralentie pendant 30 ans, il a publié de nombreux et remarquables mémoires, articles, notes, cartes. Il devient officier de la Légion d’Honneur en 1925 par le Ministère des Travaux Publics. La ville de Clermont-Ferrand rend hommage à cet homme en attribuant son nom à une rue et un buste en bronze, réalisé par Vaury est exposé au Jardin Lecoq.

Ses nombreux travaux sur le volcanisme en Auvergne sont utilisés de nos jours par les scientifiques qui pourtant, ont pendant longtemps oubliés cet homme.

Pour conclure, amoureux et passionné de l’Auvergne, il décrit cette dernière en disant : "Une des régions volcaniques les plus curieuses et les plus instructives du monde, car il semble que la nature ait concentré sur ce territoire, les problèmes et les attraits que l’on observe ailleurs que sur des vastes étendues ". – Discours Lycée de Guéret – 1912.

 

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